At LeQsaR - Amar Ouali

At LeQsaR   -    Amar  Ouali

At LeQsar

AT  LEQSAR n'est pas une commune contrairement à ce qu'on raconte ça et là! La commune que vous citez ne porte que le nom d'un grand arch qui s'étend de TIFTISSINE jusqu'à tiza nath akhdeche au sud et de assif an ZAYANE jusqu'à FDALA dans la commune de HERRAZA.
Jadis, on raconte que du côté de AIN BEGRA, il y avait un ksar d'une dynastie inconnue des historiens ou du moins non rapportée par aucun manuscrit. Cette région se trouve actuellement dans la commune d'ATH RACHED OUALI au sud est d'ATH ABDELLAH OUALI.
Les villageois de ce village parlent encore des restes de vestiges d'un ksar se trouvant à AIN BEGRA mais on ignore encore le bâtisseur et encore moins l'ère et la dynastie auxquels il appartient.
A partir de là, on croit savoir que le nom de la région aurait été donné à ce ksar. Un travail d'historien et d'archéologie doit faire la lumière sur ces vestiges.

Avant la colonisation, la région était composée de trois grands villages: taddart n'ATH RACHED OUALI, ATH ABDELLAH OUALI et ATH ALI OUAMER.


 
Les trois premiers villages.celui nath Ali U Ameur (en ruine)

Ath Abdellah (à gauche), Ath Rached (à droite).
Sur chaque village veillait un saint à l'instar des autres régions de kabylie. Au centre à ATH RACHED OUALI se trouve le moselé de Sidi Ahmed ouslimane ( vout kherrouvt), à l'est à ATH ALI OUAMER se trouve le saint OUL AKKOUCHE et à l'est à ATH ABDELLAH OUALI se trouve le saint OUL ADNANE.

 

Kouba du Saint Vout Kharrouvt

Kouba du Saint Oul Akouche

C'est de ces trois villages que le peuplement de toute la région s'est effectué au fil du temps. Les villages de ATH RACHED OUALI et ATH ABDELLAH OUALI existent encore, cependant, le village des ATH ALI OUAMER a complètement disparu.D'ailleurs, il y reste que quelques vestiges témoins d'un passé peu connu et on ignore encore les raisons de cette disparition.
Il faut noter que les populations des trois villages vivaient en parfaite symbiose malgré leurs composantes sociales différentes (kabyles et marabouts). Au contraire, ce brassage leur a donné force et unité.

S'en suivent après des mouvements de migrations causés par les guerres et la famine. On raconte que IMMELLAHEN sont des descendants d'ATH ABDELLAH OUALI mais en désaccord avec les leurs pour cause de limites de territoires, à l'issue, il y eut scission entre frères bien qu'IMMELLAHEN continuaient à faire allégeance au saint OUL ADNANE.

Les marabouts d'ATH RACHED OUALI ont immigré vers l'ouest dans un premier temps à TIHEMZIYINE pour sa position stratégique et son abondance en eau et en végétation pour les troupeaux.

  D'autres tribus des ATH RACHED OUALI ont immigré vers le sud pour les même raisons. Par contre les tribus appartenant aux ATH ALI OUAMER ont immigré vers le nord ouest.

On raconte aussi, que des soulèvements contre l'occupation turque et française aurait provoqué ces immigrations, d'ailleurs, la grotte d'EL GHAR à TIHEMZIYINE a servi d'abri pour les populations en soulèvement contre l'occupant. Beaucoup d'histoires mythiques auraient été racontées sur cette grotte dont on disait qu'elle est longue de plusieurs kilomètres et que l'une de ses sorties débouche sur TAMELLAHT.
Mystérieusement, vers les années 70 et 80, en creusant un fôrrage dans la village d'ATH ABDELLAH OUALI,

 Village n ath Abdellah Ou Ali

 celui-ci s'effendra et mena vers des loges souterraines et on parle d'un passage d'un oued souterrain aussi !

Quant à la grotte de TIHEMZIYINE continue à nourrir le mystère puisque jamais explorée.

 Une chose est sûre, les dalles de pierres formant le toit de cette grotte sont longues de 2 à 3 mètres. Mon père m'a révélé que d'après un citoyen du village de TALAMINE, durant la guerre de libération nationale, des soldats français faisaient des descentes entourées d'un grand secret dans la région de SIDI AICH à côté de la grotte de TIHEMZIYINE. Ces derniers munis de plans et cartes entraient dans une sorte d'ouverture sous-terraine qui n'est jamais connue à ce jour.

Avant 1957, toute la région des ATH LEKSAR faisait partie de la commune mixte de MAILLOT (M'CHEDALLAH actuellement) C'est en cette date que la commune des ATH LEKSAR fût crée par l'administration coloniale dont le siége est ZERIBA ou ACHIR comme aiment l'appeler nos vieilles et vieux habitants de la région.

Cette vaste commune a été scindée en deux après le découpage de 1987 et ainsi fût crée la nouvelle commune fille de la région, ATH RACHED OUALI en l'occurrence.

Alors, par devoir de mémoire, et d'honnêteté intellectuelle la commune d'ATH LEKSAR ou AHL EL KSAR n'est que l'appellation d'une région ou arch qui englobe les deux communes d'ATH LEKSAR et d'ATH RACHED OUALI.
Les villages qui composent la commune actuelle d'ATH LEKSAR sont : ACHIR (chef lieu) TIFTISSINE, IGHIL LEMHELLA, MELAOUA, IGHZER KOULGHOUM, BOUMNAZEL, ZERIBA TAKDIMT, TALAMINE, TILIOUA, TIZZA et OUATTOUF.
Les villages composant la commune d'ATH RACHED OUALI sont : ATH RACHED OUALI ( chef lieu) , ATH ABDELLAH OUALI, HIDOUS, AVOULIL, TALA MLIHA, HALASSA, ASSIF E LEKHMIS, TIZZA NATH KHDACHE, TAMEMMACHT, IGHIL NATH M'HAND, HELOUANE, LHEMMAM IZOUBJANE et CHIVOUNE.

Limites administratives des deux communes:
par le nord: EL ESNAM, BECHLOUL, EL ADJIBA et AHNIF.
par l'ouest: OUED EL BARDI.
par le sud ouest: EL HACHIMIA.
par le sud: BORDJ KHORIS, EL MESDOUR
par l'est et sud- est: AHNIF, HERRAZA.

Les reliefs:
le point culminant de la région se trouve dans la localité d'IGHIL n'ATH M'HAND. Il est à quelques 1000 à 1100 m d'altitude dans la commune d'ATH RACHD OUALI, et TIZI GUESGHI à 944 m dans la commune d'ATH LEKSAR.

Les oued; il y a deux principaux: assif n'el hemmam et zayane.
Côté agriculture, la région est pauvre en sol hautement arable, on cultive les céréales blé dur et orge, l'avoine et les fèves. En arboriculture, on retrouve l'olivier à grande échelle, puis quelques espèces comme l'abricotier, le pistachier et le figuier.
En élevage, on retrouve les caprins, les ovins et bovins mais surtout de la volaille.
En pluviométrie, la région est moins lotie par le ciel puisqu'elle enregistre quelques 200 à 300 mm par an bien qu'il neige souvent pendant l'hiver notamment sur les hauteurs.
Les forêts occupent une grande superficie , mais,au cours des dernières années, on déplore une réduction très sensibles de ces dernières ; cela est dû en grande partie à la surexploitation des bois tournée vers le commerce des pieds-droits, le chauffage domestique et les incendies.
On note l'existence des espèces suivants: le pin d'aleph, le chêne et plein de broussaille composée de plusieurs espèces.
Sur le plan industriel, on note l'absence d'aucune activité, les quelques unités existant sont d'ordre artisanal comme les huileries et quelques moulins à grains.

Sur le plan culturel, la région est pionnière à l'échelon de la wilaya puisqu'on retrouve la robe kabyle d'AT  LeqsaR connue dans tout le pays, la poterie kabyle et le tapis. La chanson et la poésie occupent une place de choix puisque plusieurs poètes et chanteurs animent la scène culturelle kabyle de manière significative. On peut citer: REZZIG KACI, MESBAH BELAID, AMIROUCHE, MESBAH MED AMEZIANE, KAMAMOUCHE, CHENANE KAMEL, DJAMEL AMAZIGH, FATTANI DJAMEL pour ne citer que ceux-là. Les poètes: DERBAL MED AREZKI, MENNAS DAOU, MECHAT SAID, MENNAS ALI, SAADI KACI, DAOUD ACHOUR, Melle FADLI, et d'autres.

Côté peinture, on retient KHITOUS HAMID et MEROUANE OMAR; deux peintres brillants et déjà bien connus.

Voila en quelques phrases ce qu'est la région d'AT  LEQSAR.
Je ne doute pas que j'ai oublié de parler de beaucoup de choses mais je laisse le soin aux autres de compléter mes quelques connaissances de cette si belle région qui m'a vu naître et grandir.

S. M 

 

 


28/12/2008
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